Success Story : Comment Orkane utilise l’IA pour transformer sa connaissance interne en moteur de croissance ?

Sommaire

IA en entreprise : la “délégation d’expertise” qui gagne du temps sans perdre le contrôle

L’IA générative est souvent présentée comme une révolution. Dans la pratique, ce qui fait la différence entre un outil “qui répond” et une solution réellement utile, c’est la confiance opérationnelle : la capacité à répondre juste, à retrouver la source, à rester à jour et à se piloter. C’est précisément l’ambition d’un projet mené par le groupe Orkane, dans un contexte où la documentation et la réglementation ne cessent d’évoluer.

Ce cas montre une trajectoire concrète : partir d’un besoin métier, structurer un corpus documentaire, intégrer l’agent dans les outils du quotidien, puis instaurer une gouvernance et une maintenance. Résultat : un agent conversationnel pensé comme une extension de l’expertise interne—pas comme un remplaçant automatique.

« Le sujet, c’était avant tout de se dire comment une entreprise peut réussir à mettre une IA sans perdre le contrôle sur ce qui va se passer. »
— Caroline Potier, Customer Success Manager

Comprendre le “vrai” problème : pas l’IA, mais la charge cognitive

Orkane n’était pas en manque de connaissances : l’entreprise dispose de process, de normes, de procédures qualité, et d’une expertise accumulée au fil des projets. Le problème, pendant une phase de forte croissance, était ailleurs : trop de questions récurrentes, une montée en complexité normative, et une dépendance historique à quelques expertises clés (fondateurs, COMEX, managers).

Le président du groupe explique une situation typique des organisations en accélération :

« Nos salariés étaient très dépendants… Il y avait beaucoup de questions, beaucoup de perte de temps, de perte d’efficacité… [et] des process évoluant vite. »
— Michael Peirone, président d’Orkane

Dans ce secteur, le défi s’aggrave : l’environnement réglementaire change fréquemment. L’enjeu n’est pas seulement de “répondre”, mais de répondre conforme, au bon niveau de détail, avec des éléments vérifiables.

À cela s’ajoutent des contraintes RH : dans un marché en tension, Orkane a recruté des profils pas forcément issus du métier, avec une courbe d’apprentissage exigeante. La formation est nécessaire, mais la formation seule ne résout pas la friction quotidienne : quand une question arrive en urgence, il faut une réponse fiable immédiatement.

En clair, l’entreprise cherchait à obtenir trois effets simultanés :

  1. Automatiser la réponse aux questions répétitives (sans détour par l’expert).
  2. Accélérer l’intégration des nouveaux collaborateurs sur le corpus interne.
  3. Faciliter la compréhension des normes et mises à jour réglementaires.

Une “brique stratégique” : un agent plutôt qu’un chatbot de confort

Un point crucial ressort : l’outil déployé n’est pas un simple chatbot grand public. L’équipe décrit une approche de “délégation d’expertise”, où l’agent s’appuie sur le corpus documentaire pour fournir des réponses contextualisées et vérifiables.

« On est sur une compétence pure… Quand un collaborateur pose une question sur l’évolution d’une norme… il faut une réponse fiable, contextualisée et surtout vérifiable. »
— Caroline Potier

Cette logique répond à une objection fréquente : “Pourquoi ne pas utiliser n’importe quel modèle type chat grand public ?”. Parce que la valeur n’est pas dans la formulation, mais dans la conformité et l’ancrage documentaire.

Ce qui change avec l’approche “pilotée”

Le projet repose sur plusieurs principes, structurants pour éviter l’illusion de réponse :

1) L’explicabilité via des réponses sourcées

Au lieu de “faire confiance à l’IA”, l’agent peut indiquer où l’information a été trouvée dans la base de connaissances. Cela fait passer l’utilisateur d’un réflexe passif à une démarche contrôlée.

« On passe de “est-ce que je peux faire confiance à cette IA ?” à “je peux contrôler aussi ce qu’elle me dit”. »
— Caroline Potier

2) Le multi-document et la multi-source

Les questions métier sont rarement simples. Dans le cas décrit, la base de connaissances compte environ 400 à 500 documents, avec des formats variés (Excel et autres). L’agent doit donc être capable d’agréger et de recouper l’information.

3) La mise à jour automatique des connaissances

Dans un environnement où les procédures bougent, un agent figé devient dangereux. Le projet intègre une logique de continuité : les connaissances évoluent avec la réalité documentaire.

4) Le pilotage et la supervision

L’agent n’est pas laissé “en autonomie totale”. Il peut être supervisé, et des indicateurs servent à repérer ce qui doit être enrichi dans la documentation.

« Le chatbot devient aussi l’agent… pour avoir du courage. (…) On met des agents dans notre dashboard pour… trouver les sujets à enrichir dans votre documentation. »
— Caroline Potier

Les 5 étapes pour déployer (vraiment) : du cadrage au déploiement

Le projet a été conduit en cinq étapes, avec une logique d’itération et d’agilité. L’intérêt de cette méthode, c’est qu’elle protège l’initiative contre le piège classique : “brancher des documents et attendre que l’agent fasse le reste”.

Étape 1 : cadrer les demandes (et surtout ce qu’on accepte de déléguer)

Avant de choisir les documents, l’équipe a défini les problèmes à résoudre et le niveau de fiabilité attendu.

« On est surtout passé par l’étape “Qu’est-ce qu’on va… quels problèmes on va résoudre ?” Et “Qu’est-ce qu’on veut déléguer à l’IA ?” »
— Caroline Potier

L’objectif était aussi d’aligner l’agent sur des utilisateurs précis (COMEX, managers, nouveaux arrivants), avec une ambition de retour sur investissement.

Étape 2 : construire l’agent sur des scénarios de réussite

Des ateliers identifient les parcours où le ROI est mesurable : questions fréquentes, faible variabilité, impact direct sur le temps de réponse.

Étape 3 : tester avec l’équipe (véracité + amélioration)

Les experts ont testé l’agent sur leurs questions réelles. Les retours ont permis d’identifier des “zones blanches” et d’améliorer la configuration et l’architecture documentaire.

« Sur des questions qu’ils avaient tous les jours… On a pu enrichir… optimiser et configurer l’agent. »
— Caroline Potier

Étape 4 : déployer dans l’environnement métier

Le déploiement n’a pas été un “portail web en plus”. L’agent a été intégré dans l’outil métier (Odoo dans le cas décrit), réduisant un frein d’adoption : ne pas multiplier les connexions, limiter le changement d’habitude.

« Un des petits freins à l’adoption, c’était… se connecter à un site internet. Là… [il y a] l’icône directement sur le logiciel. »
— Caroline Potier

Étape 5 : enrichir et maintenir en continu

Enfin, la base documentaire doit vivre. Le projet souligne un point trop souvent sous-estimé : la maintenance est un projet à part entière.

Résultats : 90% des demandes résolues sans intervention humaine

Les chiffres communiqués sont particulièrement parlants, car ils répondent à la promesse initiale : réduire la charge des experts et accélérer le traitement.

  • 90% des demandes résolues sans intervention humaine
  • 93% de taux de satisfaction des utilisateurs
  • 35 jours économisés après mise en route (en quelques mois d’usage), soit environ 70 jours annualisés pour les managers (selon le calcul présenté dans le cas)

L’équipe met aussi ces résultats en perspective : ces gains ne sont pas uniquement du temps. Ils réduisent la pression sur les managers, libèrent davantage de capacité pour l’action et le management, et rendent l’organisation plus agile.

« C’est aussi du gain financier… et du stress en moins… pour répondre à ces questions-là. »
— Michael Peirone

L’adoption : levier principal = la confiance, pas la technologie

Un agent performant peut échouer si les équipes n’y croient pas. Dans ce projet, l’adoption a été travaillée comme une démarche de conduite du changement.

Le président d’Orkane décrit les craintes initiales :

  • peur du changement dans la manière de travailler,
  • confusion avec les IA grand public (“on a déjà ChatGPT”),
  • besoin de pédagogie sur les limites et sur la fiabilité des réponses.

« Il a fallu débloquer ces peurs… plutôt assister sur les bénéfices… »
— Michael Peirone

Le point différenciant : l’agent interne s’appuie sur les procédures d’Orkane, tandis que les modèles génériques n’ont pas le même niveau d’ancrage documentaire.

Synapse, c'est quoi ?

Synapse, pure player de l’IA depuis plus de 20 ans et agence à Toulouse, accompagne les entreprises dans leurs projets de transformation numérique en intégrant des solutions d’IA performantes et pragmatiques. Spécialisés dans la valorisation du capital de connaissances, nous combinons expertise technologique et approche opérationnelle pour déployer rapidement des solutions adaptées à vos données et à votre système d’information.

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